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Fleurs de printemps... tardif

par Bootsie

publié dans Fleurs , Jardin

Lilas blanc
 
Elle naquit par un dimanche
Du plus joli des mois de mai
Quand le printemps à chaque branche
Suspend un bouquet parfumé
Et l'admirant toute petite
Si blanche en son berceau tremblant
Sa mère l'appela de suite
Lilas blanc
Mon petit brin de lilas blanc.

Elle poussa douce fleurette
Dans le fond d'un pauvre faubourg
Et dans une triste chambrette
Sans soleil et presque sans jour
En la voyant toujours pâlotte
Avec son sourire dolant
Chacun surnommait la petiote
Lilas blanc
Petit bouquet de lilas blanc.

Et puis ce fut l'apprentissage
Au cours duquel un beau garçon
Remarqué souvent au passage
Lui fit la cour une saison
Un soir enfin lui dit je t'aime
Ajoutant plus d'un mot troublant
L'appelant ma mignonne et même
Lilas blanc
Mon brin joli de lilas blanc.

Mais hélas de l'infortunée
Le roman fut bientôt fini
Car elle fut abandonnée
Par son lâche et volage ami
Cacha si bien sa peine affreuse
Tout au fond de son coeur sanglant
Qu'elle en mourut la malheureuse
Lilas blanc
A l'heure où meurt le lilas blanc.

Mais le printemps fit un prodige
Pour l'enfant qui mourut d'amour
Sur sa tombe on vit une tige
De lilas fleurir en un jour
Et son tombeau perdu sous l'herbe
Est depuis lors une fois l'an
Tout embaumé par un superbe
Lilas blanc
Monté du coeur de Lilas blanc.
 

Théodore Botrel

Fleurs de printemps... tardif
Fleurs de printemps... tardif

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La pensée

Un soir, vaincu par le labeur
Où s'obstine le front de l'homme,
Je m'assoupis, et dans mon somme
M'apparut un bouton de fleur.

C'était cette fleur qu'on appelle
Pensée ; elle voulait s'ouvrir,
Et moi je m'en sentais mourir :
Toute ma vie allait en elle.

Échange invisible et muet :
A mesure que ses pétales
Forçaient les ténèbres natales,
Ma force à moi diminuait.

Et ses grands yeux de velours sombre
Se dépliaient si lentement
Qu'il me semblait que mon tourment
Mesurât des siècles sans nombre.

"Vite, ô fleur, l'espoir anxieux
De te voir éclore m'épuise ;
Que ton regard s'achève et luise
Fixe et profond dans tes beaux yeux !"

Mais, à l'heure où de sa paupière
Se déroulait le dernier pli,
Moi, je tombais enseveli
Dans la nuit d'un sommeil de pierre.

René-François Sully Prudhomme

Fleurs de printemps... tardif

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Pour les 2 fleurs qui vont suivre, je vais plutôt vous donner quelques précisions.

 

  • La Corète du Japon (Kerria japonica) : Cette plante n'est pas originaire du Japon, pays où elle a été naturalisée, mais de Chine. Elle avait été classée comme telle par les botanistes européens qui avaient travaillé au XVIIIe siècle sur des descriptions écrites provenant du Japon.

Aux premiers échantillons rapportés il manquait les fleurs, ce qui provoqua son classement dans la famille des Tiliaceae. C'est augustin Pyrame de la Candolle qui identifia correctement la plante en créant un genre particulier Kerria dans la famille des Rosaceae.

 

  • La Centaurée des montagnes (Centaurea montana) : La plante est parfois appelée Barbeau des montagnes, Bleuet de montagne, Jacée de montagne ou Jacée des montagnes.

Les fleurs contiennent des substances digestives et diurétiques.

Fleurs de printemps... tardif
Fleurs de printemps... tardif

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La fraise

Dans mon petit jardin
Je cultive en secret
Une plante à bonbon.

Je vais chaque matin
La regarder de près
Et compter ses boutons.

Et aujourd'hui enfin
Sous une feuille j'ai trouvé
Une belle grosse fraise !

Le meilleur des bonbons !

 

  • La fraise est vite devenue symbole de plaisir d'amour.
  • Au XVIIIe siècle, on nommait "fraise" les tétons des femmes, ce qui entraîna la locution "aller aux fraises" comme synonyme de flirter.
  • Les indiens Ojibwa de l'Ontario pensent que l'âme des défunts reste errante jusqu'à ce qu'elle rencontre une fraise à l'apogée de sa maturité.
    Lorsqu'elle y goûte, elle peut alors entrer au Pays des Morts et reposer en paix pour l'éternité.
  • Dans des temps pas si reculés, les maraîchers avaient l’habitude d’épandre du fumier autour des plants de fraises. La médecine balbutiante trouvait néanmoins cette pratique peu recommandable d’un point de vue hygiénique, les gens faisaient donc tremper les fraises au moins une heure dans du vin rouge pour les désinfecter, une pratique intéressante, non ?
Fleurs de printemps... tardif
Fleurs de printemps... tardif
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